En Inde, les chrétiens se voient parfois privés du droit d'enterrer leurs proches, à moins de se convertir à l'hindouisme. Une situation dénoncée à l’ONU, pendant la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme par l’Alliance évangélique mondiale, le 3 mars.
Un rapport d’un Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction a mis en lumière la relation entre la liberté religieuse et la mort. Lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à l’ONU de Genève, la directrice du plaidoyer mondial pour l’Alliance évangélique mondiale (AEM), Janet Epp Buckingham, a fait une déclaration pour saluer ce rapport et alerter les Etats membres de discriminations religieuses persistantes.
L’AEM considère ce document comme essentiel pour rappeler que la possibilité d’enterrer ses proches conformément à ses convictions religieuses est une composante fondamentale de la dignité humaine.
Toutefois, l’organisation a dénoncé le fait que dans certains pays, l’accès à la sépulture dépende de l'appartenance religieuse des familles :
"Le refus de rites funéraires conformes à sa foi, ainsi que toute obstruction, intimidation ou coercition dans leur mise en œuvre, constitue une violation grave de la liberté de religion ou de conviction et contredit le droit international des droits humains."
L’AEM a souligné que cette situation concerne particulièrement l’Inde, où certaines familles ont été contraintes de transporter des corps sur de longues distances, de laisser leurs proches non enterrés pendant des périodes prolongées, ou de subir des rituels de reconversion forcée avant que l’inhumation puisse avoir lieu.
Un exemple récent illustre cette situation : le 24 février, après la mort d’une chrétienne tribale nommée Sambai Mandavi, des villageois tribaux ont empêché sa famille d’enterrer le corps. Ils ont justifié leurs refus en affirmant que cela profanerait leurs terres et leurs divinités. Les villageois ont alors exigé que la famille se convertisse à l’hindouisme pour procéder à l’inhumation.
Le United Christian Forum a publié des données signalant 23 incidents liés à des enterrements rien qu’en 2025, faisant partie de ce qu’ils décrivent comme une intimidation systématique dans les régions tribales.
Selon l’AEM, la violence, l’inaction de la police et même les exhumations ont aggravé la souffrance des familles endeuillées.
Ainsi, l’Alliance évangélique mondiale appelle les États à mettre en œuvre les recommandations du rapport : consulter les communautés religieuses dans l’élaboration des politiques funéraires, garantir un accès équitable aux espaces d’inhumation pour tous les groupes religieux, et protéger les familles contre la violence et l’intimidation lors des rites funéraires.
Elormise Pierre